Hyperhydrose

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Hyperhydrose

Schéma de principe de la transpiration
Schéma de principe de la transpiration

Sous la surface de la peau se trouvent des glandes sudoripares (qui fabriquent de la sueur). On compte entre 2 et 3 millions de ces glandes reparties sur le corps humain avec une densité plus importante au niveau des paumes, des plantes ou des aisselles. Les gouttes de sueur qu’elles fabriquent sont acheminées à la surface de la peau via de petits canaux excréteurs. La transpiration est un phénomène normal indispensable pour réguler la température intérieure du corps humain et la maintenir à 37 degrés. Lors d’une journée normale (pas d’activité physique soutenue ni de chaleur excessive) on estime que le corps humain produit 0,5 litre de sueur par jour.

L’hyperhydrose vient du grec hydros (la sueur) et définit une production excessive de sueur. Elle se caractérise par une production de sueur dépassant les quantités nécessaires au maintient de la température intérieure du corps humain. On estime en France à environ 5% le nombre de patients souffrant de cette pathologie, et elle serait responsable de 25 % des cas de phobie sociale. Cette hyperhydrose peut être généralisée, comme lors d’un accès de fièvre, ou localisée à une partie du corps (mains, pieds, aisselles etc…). De nombreuses maladies peuvent se révéler par une hyperhydrose comme le diabète, la tuberculose, l’insuffisance cardiaque, l’hyperthyroïdie, l’obésité, la prise de médicaments ou certains cancers. C’est la raison pour laquelle une consultation chez votre dermatologue est nécessaire avant de démarrer un traitement. En effet, lorsqu’une maladie est soupçonnée par votre dermatologue, son traitement conditionne l’arrêt de l’hypersudation.

Dans les formes localisées, les hyperhydroses sont le plus souvent symétriques. Les formes axillaires, palmaires et plantaires s’installent en général vers la puberté et n’ont pas tendance à régresser avant 40 ans. Il existe une sudation excessive permanente associée à des pics de sécrétion avec la chaleur, le stress, l’excès de café etc. Les mains sont moites entrainant une gêne socioprofessionnelle et une peur de la poignée de mains. Les pieds sont humides et les surinfections par des bactéries et des champignons, responsables de problèmes odorants, sont fréquentes. L’atteinte axillaire est souvent mal vécue avec un retentissement vestimentaire, esthétique et olfactif.

Transpiration excessive des mains
Transpiration excessive des mains
Transpiration excessive des aisselles
Transpiration excessive des aisselles

Des mesures simples existent pour essayer de limiter la production de sueur comme le fait d’éviter les plats épicés, l’alcool, le café et les situations de stress. Il est recommandé de porter des vêtements en coton amples, de bien sécher sa peau après la douche pour éviter toute macération, d’opter pour des chaussures en cuir et de se déchausser dès que possible en rentant du travail ou de l’école. Pour le traitement des aisselles, l’utilisation d’un antitranspirant est généralement suffisante. De nombreux antitranspirants ou déodorants contiennent de l’aluminium. En raison d’un doute sur le lien, jusque-là non établi, entre exposition à l’aluminium et cancer du sein et de l’usage souvent quotidien de ces produits, l’Afssaps recommande de restreindre à 0,6 % la concentration d’aluminium dans ces produits et de ne pas utiliser d’antitranspirant ou déodorant contenant de l’aluminium sur peau lésée, comme par exemple après le rasage ou lorsqu’il existe des microcoupures.

Lorsque ces mesures et ces traitements sont insuffisants à la réduction de la production de sueur, votre dermatologue pourra vous proposer des séances de ionophorèse. Le principe est de plonger les pieds et les mains dans un récipient d’eau où passe un courant électrique de faible intensité qui réduit la production de sueur.


Parfois, l’ionophorèse cause des sensations désagréables (picotements, irritation cutanée). Elle est aussi contre-indiquée chez les porteurs de pacemaker et les femmes enceintes.

Traitement de la transpiration par ionophorèse
Traitement de la transpiration par ionophorèse

Parfois, toutes les mesures ci-dessus sont inefficaces et c’est alors que votre dermatologue pourra vous proposer des injections de toxine botulique (BOTOX). La toxine botulique est le traitement de choix dans la prise en charge de l’hyperhidrose localisée, lorsque les traitements antiperspirants topiques et le traitement par ionophorèse s’avèrent inefficaces. La première observation de l’effet de la toxine botulique sur la sueur a été décrite en 1880 par Justinus Kerner qui a remarqué une baisse de la transpiration chez des patients atteints de botulisme. L’idée de traiter l’hyperhidrose par la toxine botulique a été suggérée en 1996 par Bushara et coll. après avoir noté une diminution de la transpiration aux sites traités par toxine botulique pour un torticolis spasmodique. Ce traitement est proposé avant d’envisager un traitement chirurgical. La toxine botulique va inhiber la libération d’une molécule (Acétylcholine) et ainsi bloquer la production de sueur par la glande. Le traitement peut être partiellement pris en charge par l’assurance maladie dans le traitement des aisselles uniquement et après avoir fait une demande d’entente préalable. L’injection de toxine botulique est contre-indiquée en cas de grossesse et en cas d’allergie à l’albumine (protéine présente dans l’œuf).

Test de Minor pour détecter la transpiration excessive
Test de Minor pour détecter la transpiration excessive

Votre dermatologue repèrera les zones d’hypersudation grâce à un test de Minor qui consiste à appliquer une solution bétadinée puis de l’amidon pour révéler les zones d’hypersudation qui prennent alors une coloration violet-noire. 

Ensuite un quadrillage de la zone à traiter est réalisé puis on injecte de petites quantités de toxine botulique dans chaque zone à l’aide d’une aiguille fine pour bloquer la production de sueur. Les zones axillaires ne sont pas douloureuses à l’inverse des zones palmaires et plantaires qui nécessitent une anesthésie. Les résultats  sont visibles en quelques jours avec une diminution de 80 à 90 % du volume sudoral. L’amélioration de la qualité de vie est très importante et le retentissement social nettement diminué. Les injections sont à refaire régulièrement tous les 9 mois en moyenne. Alors si vous ne voulez plus souffrir de votre hyperhydrose, prenez rendez-vous avec votre dermatologue.

Injection de botox pour le traitement de la transpiration excessive des mains
Injection de botox pour le traitement de la transpiration excessive des mains
Injections de Botox pour le traitement de la transpiration excessive des aisselles
Injections de Botox pour le traitement de la transpiration excessive des aisselles